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Un allemand au secours des besoins énergétiques français

Quand il s’agit de répondre à la demande énergétique en période de vague de froid, la flexibilité n’est pas un vain mot. Uniper France, la filiale de l’allemand Uniper (ex-E.ON) dans l’Hexagone, peut se targuer de répondre à cette exigence. Forte de ses deux tranches à gaz et de ses deux tranches à charbon – 2000 mégawatts (MW) tout -, l’entreprise dispose de centrales rapidement mises en opérations et capables de répondre efficacement aux fortes variations de la consommation d’électricité pendant l’hiver. «Depuis le mois de novembre, notre outil de production a toute sa part dans le mix énergétique français et il offre une solution immédiatement disponible pour assurer l’approvisionnement énergétique du pays, souligne Luc Poyer, le président d’Uniper France. La question de l’avenir de la production d’électricité à partir de charbon, pour laquelle nous appelons de nos vœux l’organisation d’une concertation au niveau national, devra intégrer ce besoin de flexibilité du système électrique français.»

Les centrales thermiques ne sont pas les seuls actifs qui constituent le portefeuille de la société. Celle-ci s’appuie sur une petite centaine de mégawatts solaires et éoliens et table beaucoup en 2017 sur la montée en puissance de sa nouvelle centrale biomasse. Cette infrastructure, située à Gardanne (Bouches-du-Rhône), n’est pas seulement la plus puissante dans son domaine en France (avec 150 MW). Elle a aussi permis à Uniper de reconfigurer l’un de ses actifs. En effet, Gardanne abritait précédemment une seconde tranche à charbon. «Pour le moment, notre centrale biomasse est encore en phase de rodage mais d’ici à quelques mois, elle devrait atteindre son rythme de croisière, poursuit Luc Poyer. La biomasse est une ressource d’autant plus intéressante que c’est la seule source d’énergie renouvelable, avec l’hydraulique, à pouvoir fonctionner en base. Tandis que le caractère intermittent du solaire et de l’éolien servent d’abord à produire de l’électricité à la pointe.» Bref, la biomasse est une énergie beaucoup plus prévisible qui permet d’illustrer la philosophie d’Uniper France selon laquelle «(nous) sommes des professionnels de l’énergie au service des professionnels de l’économie».

Scission d’E.ON en deux entités

Actuellement, le chiffre d’affaires de l’entreprise s’élève à 1,3 milliard d’euros, pour environ 22 térawattheures (TWh) commercialisés, avec une part majoritaire d’électricité et moindre du gaz. Depuis le début, Uniper France a fait le choix d’une clientèle de professionnels, composée pour une bonne part de grands industriels et de grosses PME. Pour comprendre la trajectoire d’Uniper, il faut faire un bref retour en arrière. Fin 2014, l’allemand E.ON, l’un des géants allemands de l’énergie, a annoncé sa scission en deux entités. Tandis que le nouvel E.ON a regroupé les acticités d’énergies renouvelables et les réseaux, la partie conventionnelle – à commencer par les énergies fossiles – a rejoint la bannière d’une nouvelle entité, baptisée Uniper. «Dans le cas d’Uniper France, la situation est un peu particulière puisque nous associons à la fois du renouvelable et du conventionnel, explicite Luc Poyer, mais ce schéma avait l’immense avantage de fédérer en France l’ensemble des activités du groupe.» De manière générale, l’année 2016 a été celle de la mise en route d’Uniper, qui s’appuie sur plus de 30 gigawatts (GW) en Europe avec plusieurs pays phares comme l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et la Suède.