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Les salariés français ne travailleront pour eux qu'à partir du 29 juillet

Cette année la libération ficale des Français, c’est à dire le jour à partir duquel ils travailleront pour eux et non plus pour financer la puissance publique, interviendra le 29 juillet. C’est un jour plus tard qu’en 2014, selon le rapport de l’Institut économique Molinari, un think-tank libéral franco-belge, avec l’appui du cabinet de conseil EY Belgique, que Le Figaro publie en avant-première. En Europe, seuls les Belges encore plus mal lotis, avec une «libération fiscale» qui intervient le 6 août.

L’indicateur de «libération fiscale» mesure le poids des impôts (impôt sur le revenu, TVA) et des charges sociales (cotisations patronales et salariales, CSG-CRDS) pour les seuls actifs. Un poids qui atteint 57,5 % du salaire dans l’Hexagone (45,1 % dans l’Union européenne).

Si l’on compare les études de l’institut Molinari sur plusieurs années, il en ressort que depuis 2010, les Grecs ont perdu 31 jours de liberté fiscale et les Autrichiens 15 jours. Mais ce sont les Français et les Belges, avec 3 jours de pouvoir d’achat en moins, qui restent les champions européens de la fiscalité. Car, malgré 21 et 13 jours de liberté fiscale en moins, l’Espagne et le Portugal conservent une pression fiscale inférieure à la moyenne de l’UE. À l’inverse, sur la même période, une dizaine de pays (dont l’Allemagne et le Royaume-Uni) ont regagné entre 9 et 15 jours de pouvoir d’achat grâce aux baisses de charges et d’impôts.

Cet acharnement fiscal, qui avait été enclenché dès 2011, mais que François Hollande a fortement développé depuis 2012, ne débouche pas pour autant sur une amélioration des finances publiques. Au contraire, puisque le déficit public français était encore de 4% du PIB en 2014.

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Si les ménages français sont lourdement prélevés, c’est à cause des charges sociales. La France est numéro un parmi les États de l’OCDE. Une position liée au poids très élevé des cotisations sur les salaires acquittées par les employeurs. Pendant des années, les différents gouvernements, mais aussi les partenaires sociaux, ont considéré qu’il était indolore d’augmenter les prélèvements pour financer les régimes de retraite, l’assurance-chômage. A l’inverse, le produit de l’impôt sur le revenu (IR) est assez faible puisqu’il ne rapporte que 69 milliards en 2014 et que plus d’un foyer sur deux n’en paye pas. Quant aux recettes de TVA, elles représentent moins de 7% du PIB, et la France se classe au sixième rang des pays européens pour avoir la TVA la plus basse.