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Subprimes : dix ans après, les effets de la crise se font encore sentir

By Poingt, Guillaume, Pierrat, Florian, OESTERLE, Emmanuelle

Le 9 août 2007, la banque française BNP Paribas annonçait le gel des retraits dans trois fonds monétaires adossés à des créances immobilières: c’est l’un des premiers signes de l’éclatement de la bulle immobilière américaine, également appelé la crise des “subprimes». Les subprimes sont apparus au début des années 2000 et permettent à des ménages américains peu solvables d’accéder à un emprunt adossé à la valeur de leur bien immobilier. Dans les années 2000, les prix de l’immobilier flambent aux États-Unis et le système fonctionne.

» Comprendre la crise des subprimes en quatre questions simples

Mais cette bulle immobilière va finir par éclater: à partir de 2007, contre toute attente, les prix de l’immobilier baissent. En parallèle, de nombreux ménages américains n’arrivent plus à rembourser leur prêt immobilier. Ce phénomène – qui n’avait pas été anticipé – provoque de nombreuses faillites parmi les organismes de crédit qui avaient délivré des subprimes. En effet, en cas de défaut sur un prêt, ces organismes se remboursent en vendant le bien immobilier. Mais ce dernier a vu sa valeur fortement chuter.

S’en suit alors un véritable cataclysme financier: le 15 septembre 2008, la grande banque américaine Lehman Brothers fait même faillite. Cette crise va ensuite se répandre dans le monde entier. Sous l’impact de la globalisation financière, de nombreux établissements bancaires étrangers détiennent eux aussi des crédits “subprimes», qui ne valent désormais plus rien. On parle alors de crédits “pourris».

La transmission à l’économie réelle

Partout dans le monde, les États volent au secours des marchés et des grandes banques. Ce qui a donné naissance à l’expression: “privatisation des profits et socialisation des pertes». Le sauvetage des banques par les États a également accru le ratio d’endettement public de ces derniers, ce qui accélérera ensuite la crise des dettes souveraines, notamment en Europe. Comment la crise financière de 2007-2008 s’est-elle transmise à l’économie réelle? Par la paralysie du marché interbancaire. Concrètement, les banques se soupçonnent mutuellement de détenir des crédits “pourris», souvent mêlés à d’autres crédits dans des montages financiers complexes, et refusent de se prêter de l’argent. La crise se transmet alors à l’économie réelle: les ménages et les entreprises ont de plus en plus de difficultés à obtenir des crédits.

Cette crise financière planétaire a durablement affecté la situation économique et sociale de nombreux pays et les conséquences sont encore visibles aujourd’hui: l’activité économique s’est ralentie, le chômage a augmenté et les États se sont endettés.

Entre 2007 et 2015, les autorités ont demandé aux banques d’augmenter leurs fonds propres pour résister aux crises, notamment avec les accords de Bâle III en 2010. Pourtant, certains experts estiment qu’une nouvelle crise financière mondiale n’est pas à exclure.