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Nouveau bras de fer entre Deliveroo et ses coursiers

By Visseyrias, Mathilde

Grogne chez les coursiers travaillant pour la start-up de livraison de repas à domicile Deliveroo. Rendez-vous est donné ce vendredi, à 19 heures, pour manifester place de la République, à Paris, à l’appel du Clap, le Collectif des livreurs autonomes de Paris, SUD et la CGT, pour protester contre le nouveau mode de rémunération décidé par la direction. Un appel similaire a été lancé à Bordeaux et Lyon. Un précédent rassemblement, en mars, avait attiré une centaine de livreurs à Paris. Jérôme Pimot, ancien livreur et cofondateur du Clap, en attend cette fois-ci plusieurs centaines.

“Si vous ne voulez plus nous payer qu’à la course, notre prix minimum est de 7,50 euros par course, pas moins. Son tarif de 5 euros en province (5,75 à Paris), est inacceptable»

Jérôme Pimot, ancien livreur et cofondateur du Clap

Depuis quelques jours, Deliveroo a modifié les conditions de rémunération de ses livreurs, s’attirant le feu de critiques. La CGT a estimé que la start-up a fait preuve “d’une brutalité absolue», en changeant ses tarifs. Le syndicat estime que la décision entraîne des “pertes de revenus de l’ordre de 30 à 40 %».

Jusqu’alors, les livreurs les plus anciens disposaient d’une “rémunération minimum de 7,50 euros par heure ainsi qu’une part variable allant de 2 à 4 euros par course». Depuis le 27 juillet, Deliveroo ne les rémunère plus qu'”à la tâche». “Notre message à la direction de Deliveroo est clair: si vous ne voulez plus nous payer qu’à la course, notre prix minimum est de 7,50 euros par course, pas moins. Son tarif de 5 euros en province (5,75 à Paris), est inacceptable», insiste Jérôme Pimot.

Selon lui, Deliveroo minimise le changement en expliquant qu’un livreur effectue en moyenne 3,2 courses par heure. “C’est une moyenne très théorique. Elle ne correspond pas à la réalité, juge Jérôme Pimot. Un coursier fait en moyenne une course à l’heure, car tous ne travaillent pas aux heures de pointe ni dans les bons quartiers.»

La direction de l’entreprise explique que le changement de contrat ne concerne que 10 % des livreurs, soit 600 -parmi les plus anciens, sur un total de 7 500. “Nous égalisons, cet été, les conditions tarifaires de tous nos livreurs».