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Notre visage est de plus en plus scanné

By Guillaume Grallet

Et si, un jour, votre distributeur de billets ne vous demandait plus de taper un code mais se contentait de prendre une photo de votre visage ? Voici une des expérimentations menées en ce moment par le Chongqing Institute of Green and Intelligent Technology, en Chine, ainsi que par la National Westminster Bank, en Angleterre. Cet établissement bancaire complète l’identification par l’enregistrement de ses empreintes digitales pour y associer un compte. La reconnaissance faciale fait, en ce moment, de sérieux progrès, comme on peut le voir dans #TECH24, l’émission high-tech de France 24, présentée avec Marjorie Paillon et dont Le Point.fr est partenaire. Plus anecdotique, la reconnaissance faciale est même utilisée pour retrouver des chiens perdus… Vous repérez un canidé égaré dans la rue ? Prenez-le en photo et voyez s’il a été répertorié par Finding Rover, une application que l’on peut charger sur son téléphone.

En France aussi, les champions des objets connectés s’y mettent. Ainsi la caméra Welcome lancée par Netatmo qui permet de reconnaître les visages. La start-up française explique qu’elle permettra aux parents anxieux de savoir si leur progéniture est bien rentrée à la maison : utile alors que, selon l’Insee, 12 % des collégiens se retrouvent seuls le mercredi… Cette caméra de quatre mégapixels est capable, grâce à des led à infrarouge, de détecter le mouvement des visages. Son point positif ? Elle ne stocke aucune information à distance, dans le cloud. Mais, pour qu’elle fonctionne, elle doit être aujourd’hui connectée sur une prise électrique. Un modèle concurrent, la Cam, vient d’être lancé par Nest.

Dérapages

À l’avenir, on peut imaginer le démarrage d’une voiture sans clé, ou bien l’accès sécurisé au dossier médical du patient grâce à son visage, comme le souhaite déjà le Terrebonne General Medical Center en Louisiane. Reste que des progrès sont encore à réaliser pour que la reconnaissance faciale soit fiable à 100 %. Certaines caméras ne reconnaissent pas le visage lorsque ce dernier sourit. Marios Savvides, professeur à Carnegie Mellon, veut ainsi s’appuyer sur la reconnaissance de l’iris – une technique où l’on prend également en compte l’écartement de la pupille.

Mais surgit alors une autre crainte : une société sous surveillance. En Inde, le projet Aadhaar a permis de collecter les iris de 600 millions de personnes en cinq ans et de coupler les données à leurs papiers d’identité. À Dubai, la reconnaissance faciale est utilisée pour l’établissement d’un passeport. Depuis 2014, le FBI travaille sur le Next Generation Identification System, qui doit permettre un meilleur suivi des prisonniers. L’Electronic Frontier Foundation, très attachée à la vie privée, se dit préoccupée par d’éventuels dérapages.