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Moins de faillites d'entreprises en 2016

Au moins une bonne nouvelle pour l’économie française en 2016: les défaillances d’entreprises sont passées l’an dernier sous la barre symbolique des 60.000. Du jamais vu depuis la crise économique et financière de 2008. Huit ans après, 57.844 entreprises ont fait l’objet d’une procédure judiciaire (sauvegarde, redressement ou liquidation), contre 63.008 un an plus tôt, soit un chiffre en recul de 8,3% , d’après une étude publiée ce mardi par le cabinet Altares. «C’est 8000 de plus qu’en 2007, avant la crise, mais on s’approche du niveau de 2008», note Thierry Millon, directeur des études chez Altares, cité par les Échos.

Sur le front des défaillances, la fin de l’année 2016 a été particulièrement clémente. Au dernier trimestre 2016, il y a eu 13.971 procédures. Un bilan qui n’avait plus été approché depuis fin 2007 (13.662). Cette tendance générale pourrait se confirmer en 2017. Le directeur d’Altares s’attend à un nouveau recul des défaillances cette année, de 6 %, à 54.000 sinistres environ. Cela ferait de 2017 la meilleure année depuis 2007.

Le bâtiment va mieux, l’agriculture en difficulté

Toutes les catégories d’entreprises ont profité de cette dynamique positive. À commencer par les plus petites (moins de trois salariés), qui représentent tout de même les trois quarts des défaillances. En outre, presque tous les secteurs d’activité sont concernés.

Cette amélioration de la conjoncture a notamment profité au bâtiment, secteur qui concentre traditionnellement le quart des défaillances d’entreprises. En 2016, le nombre de jugements d’ouvertures a ainsi reculé de 12,7% dans la construction, avec -12,5% dans le gros œuvre et -12,3% dans les travaux publics. Le commerce a également connu une embellie. Les défaillances ont reculé de 9,5%, malgré des «tensions dans les activités de détail, telles que l’entretien et la réparation de véhicules automobiles», mais aussi «l’alimentation générale», souligne Altarès. Les défaillances ont également reculé de 8,3% dans l’industrie et de 7% dans le transport routier de marchandises.

En revanche, le secteur des taxis a été plus sinistré l’an passé. 230 cessations de paiement ont été comptabilisées en 2016, contre 175 en 2015 et 118 en 2014. Depuis 2010, les taxis font en effet face à une concurrence croissante des véhicules de tourisme avec chauffeur.

Il est un autre secteur de l’économie française qui ne profite pas de cette dynamique globale: c’est l’agriculture. Sur les seules activités d’élevage, le nombre de défaillances a doublé entre 2015 et 2016, passant de 4% et de 8%. En 15 ans, la moitié des exploitations a disparu, 20.000 à 25.000 éleveurs étaient au bord du dépôt de bilan en 2015 et ce nombre ne cesse de croître. Le nombre de suicides dans le secteur est également en forte hausse.