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L'oeil de la NSA sur l'

By Guerric Poncet

Les informations de WikiLeaks continuent d’accabler la politique d’espionnage américaine sur ses alliés. Après avoir prouvé la mise sur écoutes de trois présidents français par l’agence nationale de sécurité (NSA), le site de Julian Assange a publié lundi des documents montrant pour la première fois l’ampleur des écoutes ciblées contre l’économie française, des ministres aux chefs d’entreprise en passant par les ambassadeurs. Les instructions stipulaient que tous les contrats d’exportation estimés à plus de 200 millions de dollars devaient faire l’objet d’une surveillance, selon WikiLeaks, dont les documents sont publiés par Libération et Mediapart.

Pierre Moscovici et François Baroin ont été écoutés par les espions lorsqu’ils étaient au ministère de l’Économie et des Finances, tout comme les dirigeants de la « quasi-totalité » des entreprises du CAC 40. « Jamais la preuve d’un espionnage économique massif de la France, orchestré au plus haut niveau de l’État américain, n’avait été établie aussi clairement », assure Libération. Toutefois, depuis les révélations sur le système Échelon à la fin des années 1980, de nombreuses entreprises avaient pris des mesures pour se prémunir des « grandes oreilles » un peu trop indiscrètes : communications chiffrées, leurres ou encore réunions « étanches » sont devenus banals. Mais, comme toujours en sécurité informatique, le chaînon humain reste le plus faible, et de nombreux dirigeants n’appliquent pas les consignes élémentaires.

La Maison-Blanche dément

Les États-Unis « n’utilisent pas leurs capacités de renseignement pour voler les secrets commerciaux de compagnies étrangères pour le compte de compagnies américaines » afin d’améliorer la « compétitivité » ou la « rentabilité » de celles-ci, a rappelé la direction nationale du renseignement américaine (DNI), répétant une déclaration de son directeur James Clapper datant de 2013 et refusant d’apporter plus de commentaires sur les informations dévoilées par WikiLeaks. Pas plus d’explications sur la station d’écoutes clandestines découverte en 2013 sur le toit de l’ambassade américaine à Paris, à quelques pas de l’Élysée.

La semaine dernière, WikiLeaks avait déjà dévoilé l’espionnage américain sur Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. L’information, déjà largement connue par les services de sécurité, avait suscité des réactions tantôt désabusées, tantôt faussement naïves, comme celle de Manuel Valls qui avait réclamé la création d’un « code de bonne conduite » entre alliés. Et ce, alors même que sa nouvelle loi sur le renseignement contient des mesures autorisant la France à se comporter de la même manière que son « allié ». Toutes les explications avec Chroniques2Geeks :