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Le paradoxe de la baisse des loyers

By Bruno Monier-Vinard

Quasi à l’arrêt depuis deux ans, le marché locatif retrouve quelques couleurs, selon le dernier observatoire Clameur. “Le regain d’activités amorcé il y a six mois se confirme en ce début d’année”, observe Michel Mouillart, professeur à l’université Paris-Ouest, auteur de l’étude. Les raisons de cette embellie : la poursuite d’une forte pression démographique, mais surtout un meilleur moral des ménages et le dégel de l’offre favorisé par une moindre crainte sur l’encadrement généralisé des loyers en France et le durcissement des dispositifs fiscaux liés à la pierre. Mais, tandis que la mobilité redémarre presque partout (sauf à Paris), les loyers continuent, eux, à baisser dans la plupart des grandes villes du pays(voir tableau).L’atonie des salaires et les inquiétudes sur la situation de l’emploi se conjuguent pour alimenter une contraction budgétaire de la demande.

La bonne nouvelle pour les locataires ne fait pas l’affaire des bailleurs. “Depuis sept ans, leurs recettes locatives progressent moins vite que l’inflation. Avec comme conséquence directe un risque d’effort très faible sur les améliorations d’entretien. Et au final un patrimoine qui se dégrade”, s’inquiète Michel Mouillart. Et, le rendement de la pierre baissant, certains bailleurs vendront pour prendre leurs plus-values.