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Le coût des violences représente 12,6 % du PIB mondial

By Simon, Marie

Un huitième des revenus de l’humanité: 14 300 milliards de dollars, soient 4,60 euros par jour et par personne. C’est le coût de la violence dans le monde en 2016, selon le Global Peace Index (GPI) 2017. Autrement dit, 12,6% des revenus de l’humanité sont dilapidés en investissements militaires, frais médicaux, dépenses engendrées par des conflits, destructions, pertes… En 2016, l’impact économique des violences recule de 3% par rapport à 2015, selon les calculs de l’Institut pour l’économie et la paix (IEP). Il s’agit de la « première baisse enregistrée depuis 2011, année marquée par le début de la guerre en Syrie et les premières conquêtes territoriales de l’État islamique en Irak», explique l’Institut. Mais la facture reste très lourde, dans la mesure où cette amélioration suit une longue période de dégradation ouverte en 2011.

L’impact économique de la violence baisse pour la première fois depuis 2011, en milliards de dollars

La Syrie, l’Irak et l’Afghanistan paient le prix fort

La guerre en cours, en Syrie et en Irak, fait de ces pays ceux où l’impact économique des violences pèse le plus lourd. Les deux tiers (66,9%) du PIB syrien sont engloutis dans les coûts directs ou indirects liés au conflit. En Irak, la situation n’est guère plus reluisante avec 57,6% des richesses englouties par les conséquences des conflits. L’Afghanistan complète ce triste podium, avec plus de la moitié de sa richesse nationale touchée (52,1%). Juste derrière eux, la Colombie est la démocratie la moins bien classée du monde (36%). La Suisse (1,5%), l’Indonésie (2,1%) et le Ghana (2,4%) sont les pays où l’économie a le moins été impactée par les violences en 2016. La France occupe le 127e rang (5,4%). En Europe, l’Ukraine (20,4%) se distingue au 19e rang mondial…

Le poids du terrorisme: 1% de la facture

Les disparités régionales sont si fortes que « les conflits violents représentent 37% du PIB dans les dix pays les moins pacifiques» alors qu’ils pèsent « seulement 3% du PIB pour les dix pays les plus pacifiques», expliquent les auteurs de l’étude qui détaillent le poids des critères pris en compte. Au global, ce sont les dépenses militaires qui pèsent le plus lourd dans les calculs de l’IEP: 39% de la facture leur sont encore consacrés, malgré une baisse de 6% du montant qui leur est affecté au niveau mondial de 2015 à 2016. Les dépenses policières représentent 28% du coût global et les homicides 14%, alors que les pertes humaines liées au conflit ne représentent « que» 1,3%. Le coût lié au terrorisme, lui, représenterait 0,9% de l’impact global, « en raison d’une baisse de 10% du nombre de morts»: cette part semble mince mais elle a été multipliée par 9 en 10 ans, notent Les Echos.


Des calculs qui ont leurs limites

Outre le fait qu’il est difficile d’évaluer le prix d’une vie, les calculs de l’IEP ont leurs limites… L’estimation de l’impact économique de la violence « n’inclut que des variables pour lesquelles des données fiables peuvent être recueillies», convient l’Institut. Il prend en compte « des coûts directs, des coûts indirects et l’effet multiplicateur» sur l’économie mondiale. Les dépenses militaires, le contrecoup d’un conflit sur le PIB national, le coût des opérations de l’ONU, le terrorisme, le coût des pertes humaines dans les conflits ont notamment été retenus comme critères. Contrairement aux violences domestiques, aux retombées plus indirectes des conflits notamment sur les entreprises, ou encore aux dépenses du système judiciaire.