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L'attrait pour l'apprentissage se confirme en 2016

By Maligorne, Clémentine

FOCUS – L’an dernier, tous secteurs confondus, 288.700 contrats en apprentissage ont été signés. Soit une hausse de 1,9% par rapport à 2015, liée principalement à l’essor du dispositif dans l’enseignement supérieur.

L’intérêt pour l’apprentissage se confirme. Selon les chiffres la Dares, le service des statistiques du ministère publiés ce lundi, le nombre de jeunes ayant intégré la voie de l’alternance en 2016 a augmenté de 1,9%, par rapport à 2015. Au total, 288.700 jeunes sont entrés en apprentissage l’an dernier. Quel est le profil des apprentis aujourd’hui? Quels secteurs recrutent? Le Figaro fait le point.

• Des apprentis plus diplômés

Cette hausse est essentiellement liée au développement de ce dispositif dans l’enseignement supérieur. D’après la Dares, « les embauches d’apprentis préparant un diplôme de niveau bac +2 ou plus sont en hausse de + 5,3 % par rapport à 2015. Ainsi, l’an passé, un apprenti sur deux était diplômé du baccalauréat à la signature de son contrat.

En revanche, « les entrées en formation de niveau CAP (-1,1%) et baccalauréat ou brevet professionnel (-1,3%) sont en baisse», poursuit le ministère du Travail. « Cette baisse s’inscrit dans une tendance de long terme, explique la Dares, due à la baisse de l’emploi dans les métiers traditionnels de l’apprentissage», que sont les métiers du bâtiment, de l’industrie, de la coiffure et l’esthétique, et l’hôtellerie-restauration.

• Dans les entreprises de 50 salariés ou plus

Les apprentis se tournent davantage vers les entreprises de 50 salariés. Après une parenthèse en 2015, qui avait vu une hausse des recrutements en apprentissage tirée par les TPE « sous l’impulsion» de l’aide « TPE jeunes apprentis», les entreprises de 50 salariés et plus ont enregistré l’an passé une hausse de +4,4% des inscriptions en alternance, « retrouvant ainsi la tendance structurelle observée depuis 20 ans», observe la Dares. Tandis que dans les TPE, les embauches d’apprentis ont reflué de 0,9%.

• Vers les métiers de l’industrie et du bâtiment

En 2016, 57 % des nouveaux contrats d’apprentissage préparent à un diplôme dans les spécialités de l’industrie et du bâtiment. La Dares note toutefois que « le métier préparé ne relève pas toujours directement de l’activité principale de l’entreprise». Par exemple, 25 % des nouveaux apprentis employés dans le secteur de l’industrie se forment à des métiers de services.

• Plutôt dans le privé, mais une hausse du public

En 2016, quelque 275.300 jeunes ont pris la voie du privé. C’est +1,2% qu’en 2015. Ils étaient 13.400 à aller dans le public, soit une hausse de +19,4%. Dans le secteur public, ce sont près de 2200 apprentis de plus qu’en 2015 et 4400 de plus qu’en 2014. Cette forte hausse est « à relier aux décisions prises lors de la conférence sociale de juillet 2014», précise la Dares. Le gouvernement avait alors promis de recruter 10.000 apprentis dans les services de l’État avant fin 2017.

• Un tiers de filles

Au total, les jeunes femmes ne représentent qu’un tiers des nouveaux apprentis. « Mais leur part augmente lentement depuis 20 ans (+6 points depuis 1996)» note la Dares. Si les filles restent minoritaires dans le privé (34,4%), elles sont légèrement majoritaires dans le public (50,5%). Par branches, les garçons, eux, représentent 75% des apprentis qui s’orientent vers les métiers de l’industrie et du bâtiment. Les filles s’orientent davantage vers un métier du domaine des services (77% contre 26% de garçons). Elles sont en outre généralement plus qualifiées. « Ainsi, 43% d’entre elles préparent un diplôme ou un titre de l’enseignement supérieur contre 32% des jeunes hommes» précise la Dares.

• Près d’un tiers des contrats n’arrive pas à leur terme

Que ce soit dans le public ou le privé, tous les contrats d’apprentissage n’arrivent pas à leur terme. Ainsi, près d’un tiers (28%) des contrats signés entre juin 2014 et mai 2015 a été rompu. Les contrats d’apprentissage ont tendance aussi à être plus courts. En 2016, les contrats de 12 mois et moins ont augmenté de 3,8%, relève le ministère du Travail. Cependant, les contrats de 13 à 24 mois demeurent les plus fréquents (65%). Seuls 8 % des contrats ont une durée supérieure à 24 mois. En moyenne, la durée moyenne des nouveaux contrats d’apprentissage est de 20,2 mois. En légère baisse de 0,1 mois par rapport à 2015.