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Nouvelle journée à haut risque pour la Grèce

La Commission européenne va-t-elle parvenir à renouer le dialogue entre le gouvernement Tsipras et ses créanciers ? Alors que le plan d’aide commencé en 2012 expire ce soir et que la Grèce doit rembourser 1,6 milliard d’euros au FMI qu’elle n’a pas, le président de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker, qui se veut comme un trait d’union entre la Grèce et ses créanciers, a eu le Premier ministre grec au téléphone lundi pour lui proposer une porte de sortie de dernière minute. Alexis Tsipras devra accepter la toute dernière proposition de consolidation budgétaire et de réformes de ses créanciers, celle présentée vendredi, au moment où Athènes a rompu les négociations. Plus favorable à Athènes que les précédentes, la proposition de la Commission s’accompagne de 35 milliards de fonds structurels européens ainsi que d’un engagement à étudier une restructuration de la dette du pays, ce qui pourrait convaincre Alexis Tsipras d’appeler à voter « oui » au référendum qu’il organise dimanche. Un Eurogroupe (réunion des ministres des Finances) exceptionnel pourrait alors être réuni pour valider le compromis de dernière minute.

19 h 50. Alors qu’à minuit la Grèce sera placée en défaut de paiement si elle n’a pas trouvé de solution avec ses créanciers, au moins 20 000 personnes manifestent dans les rues de la capitale Athènes en faveur du « oui » au référendum, selon la police.

19 h 20. Le président américain Barack Obama met en garde contre « l’impact significatif » de la crise grecque sur l’économie européenne et potentiellement pour l’ensemble du globe, tout en minimisant les risques de « choc majeur pour le système ».

19 heures. L’Eurogroupe extraordinaire par téléconférence devrait avoir commencé entre les ministres des Finances des pays de la zone euro.

18 h 20. La pression s’accentue sur le système bancaire grec, frappé par la fuite des dépôts. Après sa concurrente, Fitch, l’agence de notation Standard & Poor’s place à son tour 4 banques grecques en « défaut partiel », en raison de l’instauration d’un contrôle des capitaux. S&P estime qu’il « est désormais inévitable que les banques grecques fassent défaut d’ici six mois en l’absence de soutien des autorités européennes ». L’agence de notation précise que le maintien des prêts d’urgence aux banques grecques à leur niveau actuel par la Banque centrale européenne (BCE) leur laisse peu de marges de manoeuvre pour couvrir leur besoin, notamment au regard des retraits subis ces dernières semaines.

Les banques grecques sont en effet fermées depuis lundi pour empêcher la poursuite de l’hémorragie, à part certaines agences qui étaient ouvertes mercredi afin de permettre aux personnes âgées sans carte bleue de retirer un peu d’argent. Les autres Grecs ne peuvent retirer que 60 euros par personne et par jour.

17 h 30. La Bourse de Paris recule encore de 1,63 %, malgré les espoirs d’un accord de dernière minute. La Bourse de Francfort termine en repli de 1,25 %.

17 heures. La chancelière allemande Angela Merkel fait savoir lors d’une réunion avec des députés de son parti conservateur que l’Allemagne n’est pas prête à discuter d’une nouvelle demande d’aide d’Athènes avant la tenue d’un référendum en Grèce dimanche, selon un participant. Son allié dans la grande coalition, le ministre de l’Économie et vice-chancelier social-démocrate Sigmar Gabriel, considère de son côté que si la Grèce annulait le référendum prévu, les discussions avec Athènes pourraient reprendre rapidement, selon l’agence Bloomberg News.

16 h 32. Les ministres des Finances de la zone euro vont s’entretenir par téléphone mardi soir pour discuter de la demande d’aide faite par la Grèce d’un programme d’aide sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers tout en restructurant sa dette, indique le patron de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. « Téléconférence extraordinaire de l’Eurogroupe à 19 heures, heure de Bruxelles, pour discuter de la demande d’aide officielle faite par le gouvernement grec et reçue cet après-midi », indique le Néerlandais sur son compte Twitter.

15 h 35. La Grèce propose un accord de financement sur deux ans à ses créanciers permettant de couvrir l’intégralité de ses besoins financiers tout en restructurant sa dette. C’est a priori plus long que ce que proposaient les créanciers jusqu’à présent et cela devrait donc nécessiter plus de fonds. L’argent viendrait du Mécanisme européen de stabilité, le fonds de secours permanent de la zone euro. « Dès le départ, nous avons dit clairement que la décision de tenir un référendum ne signifiait pas la fin des négociations, mais leur poursuite pour des termes plus favorables », explique le communiqué du gouvernement grec. « Le gouvernement poursuivra jusqu’à la fin l’objectif d’un accord viable dans la zone euro », précise-t-il. Alors que le second programme de prêts accordé en 2012 et les financements qui y sont attachés expirent mardi soir, Athènes ne demande donc ni plus ni moins qu’un troisième plan d’aide. Et en attendant, il demande la prolongation du deuxième pour une courte période de temps pour éviter un défaut, le tout sans s’engager formellement à mener les réformes et continuer la consolidation budgétaire comme demandé par les créanciers.

13 heures. Le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, confirme à des journalistes devant son bureau qu’Athènes ne remboursera pas 1,6 milliard d’euros dus au FMI avant ce soir. Les caisses sont vides et un tel retard de paiement ne serait pas considéré comme un défaut de paiement aux yeux des agences de notation puisque le FMI est un créancier public et non privé. La BCE devrait donc pouvoir continuer à fournir, via la Banque de Grèce, ses liquidités d’urgence au système bancaire grec et éviter son effondrement.

12 h 20. Le porte-parole de la Commission confirme que des échanges ont lieu entre la Commission européenne et Athènes pour trouver un compromis.

12 h 10. Un porte-parole de la Commission confirme, lors du point de presse journalier, l’offre de Jean-Claude Juncker à Alexis Tsipras pour un compromis.