Share

Code du travail: pas de front commun entre Mélenchon et Martinez

By Crouzel, Cécile

Le leader de la CGT a confirmé que son syndicat ne participerait pas à la manifestation contre les ordonnances réformant le Code du travail organisée le 23 septembre par La France insoumise.

C’est une bonne nouvelle pour le gouvernement. Mercredi, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a rencontré à l’Assemblée Jean-Luc Mélenchon et son groupe, puis la Gauche démocrate et républicaine (GDR) et son président André Chassaigne (PC). À l’issue de ces réunions, le leader cégétiste a confirmé que son syndicat ne participerait pas à la manifestation contre les ordonnances réformant le Code du travail organisée le 23 septembre par La France insoumise. Et ce, au nom de l’indépendance du syndicalisme par rapport aux partis. « Pour l’indépendance de la CGT, je n’irai pas manifester le 23. À cette date, je suis engagé pour une marche en faveur de la paix», a-t-il déclaré dans une interview à Paris Match qui paraît ce jeudi.

La CGT sera dans la rue le 12 septembre, avec deux autres syndicats contestataires, la FSU et Solidaires. Le Parti communiste s’y joindra et aussi, paradoxalement, des membres de LFI. Même si Philippe Martinez le nie, il est bel et bien en concurrence avec Jean-Luc Mélenchon. Et cette année, il est en position de faiblesse. Il ne peut compter sur FO qui, après avoir manifesté contre la loi El Khomri en 2016, a viré sa cuti. Certes, la commission exécutive de Force ouvrière a décidé lundi de voter contre les ordonnances dans les instances sociales. Mais ce vote n’est pas engageant, puisqu’il n’est que consultatif. C’est une manière pour Jean-Claude Mailly, son secrétaire général, qui estime « qu’il n’y a pas de casse du Code du travail» et qui n’appelle pas à manifester, de calmer sa base.

Par ailleurs, la CGT a été détrônée en avril par la CFDT de sa place de premier syndicat dans le privé. Et sur le fond, elle a des relations compliquées avec LFI. Ses sympathisants ont voté à 51 % pour Mélenchon à la présidentielle. Mais historiquement, la centrale est liée au Parti communiste, en concurrence avec LFI. Cette division des opposants à la réforme du droit du travail enlève une épine du pied au gouvernement, sans lui garantir un automne calme.