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Code du travail : la mise en garde de la CFDT

By Le Figaro.fr avec AFP

Si le gouvernement ne tient pas compte des lignes jaunes des syndicats pour réformer le code du travail, la CFDT « se mobilisera », met en garde son secrétaire général Laurent Berger dans le Journal du Dimanche. « S’il y a des désaccords profonds, nous le dirons car nous sommes libres et engagés », prévient Laurent Berger. « Le gouvernement ne doit pas nous squeezer. S’il le fait, nous nous mobiliserons. » « Un pays qui fonctionne bien est un pays qui articule démocratie politique et démocratie sociale », estime-t-il. Le gouvernement a engagé une concertation avec les syndicats et le patronat pour sa réforme du code du travail qu’il compte faire par ordonnances d’ici à la fin de l’été.

Plus généralement, alors que le second tour des élections législatives pourrait donner une majorité écrasante à la République en marche, Laurent Berger a de nouveau exhorté Emmanuel Macron à « partager le pouvoir ». « Le concentrer ne serait pas sans risques et sans difficultés tant les fractures sociales et territoriales sont réelles », alerte-t-il, tout en ajoutant que « les risques de manifestations et de violence sont importants tant la société vit sous tension ».

Sur la réforme du code du travail souhaitée par le gouvernement, le numéro un de la CFDT a redit ses lignes jaunes, que sont le « référendum d’entreprise à l’usage de l’employeur en cas d’absence d’accord avec les organisations syndicales » et le « plafonnement des dommages et intérêts versés aux prud’hommes ». Sur ce deuxième point, « nous sommes en désaccord par principe car il est normal de toucher une réparation intégrale après un licenciement abusif ». « Attention aux fausses solutions ! » lance-t-il.

Enfin, Laurent Berger revendique « d’augmenter les indemnités légales de licenciement », de « développer la place et les moyens des syndicats » et de « renforcer » le rôle de la branche « en matière de qualité de l’emploi ». Selon lui, « deux options » s’offrent au gouvernement: « une simplification bête et méchante des relations sociales » ou « l’élaboration d’un nouveau pacte social qui articule un droit du travail supplétif élevé avec un rôle renforcé des branches et un espace de discussion dans les entreprises ». Mais « contrairement à ce que disent certains, ce n’est pas plié », veut croire M. Berger. « Ne sifflons pas la fin du match avant qu’il ne soit joué ! »

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