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Brest : ce téléphérique qui accumule les couacs

By Pierrat, Florian

Une cabine du téléphérique urbain de la ville de Brest, dans le Finistère, a « violemment» chuté de trois mètres, ce jeudi, lors d’une opération de maintenance annuelle déléguée au groupe suisse Bartholet Maschinenbau Flums, spécialisé dans les remontées mécaniques et les parcs d’attraction. L’incident n’a fait aucun blessé. « Cette nuit, lors des travaux de maintenance annuelle réalisés par le constructeur BMF, une cabine du téléphérique de Brest a été détériorée lors d’une opération de manutention», a indiqué dans un communiqué de Keolis Brest (Bibus), la compagnie de transports en commun de l’agglomération finistérienne qui exploite le téléphérique.

La maintenance avait démarré le 7 août et devrait durer jusqu’au 18 août inclus selon la compagnie, occasionnant ainsi une interruption totale de trafic entre le 14 et le 18 août. Néanmoins, le trafic devait être initialement maintenu de manière partielle, entre le 9 et le 13 août, par le fonctionnement d’une des deux cabines. L’exploitant -détenu à 70% par la SNCF via le groupe Keolis- annonce ce jeudi que le téléphérique est totalement fermé. « Vu ce qui s’est passé cette nuit, nous avons suspendu l’exploitation le temps que le constructeur fasse les analyses nécessaires et qu’il nous dise ce qui s’est passé», a indiqué à l’AFP Cyril Mascé, l’un des responsables de Keolis Brest.

« Soit il y a eu une erreur humaine de manutention, soit un problème matériel» au niveau du pont de levage, s’est interrogé Nicolas Chapuis, directeur général de la filiale française du constructeur suisse, lors d’une conférence de presse. Cet incident « ne remet absolument pas en cause le téléphérique en lui-même», a-t-il souligné, disant espérer une reprise du téléphérique, avec une seule cabine, dès la fin de la semaine prochaine. Selon le constructeur, la conception d’une nouvelle cabine devrait nécessiter entre six et neuf mois.

Des incidents à répétition

Le dispositif brestois avait été inauguré le 19 novembre dernier en compagnie de la ministre de l’Environnement de l’époque, Ségolène Royal. Sur le papier, l’installation entièrement automatisée est censée faciliter le déplacement des Brestois pour la traversée du fleuve côtier Penfeld, en reliant de manière directe en seulement trois minutes le quartier des Capucins, situé sur la rive droite, au centre-ville, situé sur la rive gauche.

« L’objectif premier est surtout de désenclaver le quartier des Capucins», expliquait au Figaro en novembre dernier, François Cuillandre, maire de Brest (PS) et président de la métropole. De plus, le coût de ce type d’installation est bien plus économique que la construction d’un pont. Le projet a coûté près de 19,1 millions d’euros à la construction, contre 40 millions pour le pont, selon les chiffres de la métropole.

» Le premier téléphérique urbain français entre en service

Mais peu de temps après sa mise en service, le premier téléphérique urbain français en service, après celui de Grenoble, subit déjà quelques dysfonctionnements. Le 30 novembre, la ligne est déjà mise à l’arrêt durant plus d’un mois, le temps de régler de « petits défauts techniques» sur l’installation. Le téléphérique repart le 5 janvier. Mais durant un mois, d’autres incidents sont venus perturber le service. Dès le lendemain, le 6 janvier, un freinage d’urgence blesse légèrement une passagère aux cervicales. Le 8 janvier, une panne technique interrompt le trafic durant 48 heures, puis le 14 janvier, un problème d’alignements des cabines aux quais des stations occasionne l’interruption du trafic pendant une journée.

Enfin, le 21 mai, deux jours après une opération de maintenance semestrielle, des passagers restent bloqués durant 35 minutes dans les deux cabines. Contactée par Le Figaro ce jeudi, la compagnie n’a pas souhaité communiquer « pour le moment». La semaine dernière dans les colonnes du Canard Enchaîné, un délégué CFDT de Keolis Brest pointait les manques de moyens dans la maintenance du téléphérique: « Nous sommes persuadés qu’il manque clairement du personnel de maintenance», indiquait-il alors.